Pendant les deux semaines qui vont suivre nous allons naviguer à travers la deuxième plus grande barrière de corail du monde après celle d'Australie.

…Du coup, nous en profitons pour explorer ces foAnds superbes...

La navigation demande beaucoup d'attention, car les eaux sont truffées de pâtés de coraux et c'est essentiellement la couleur de l'eau qui nous permet de déterminer sa profondeur et quelques moments d'inattention peuvent avoir de graves conséquences ; une mésaventure qui nous est arrivée, nous naviguions tranquillement au moteur longeant cette barrière de corail coté intérieur; les fonds dans ces endroits varient énormément en profondeur en l'espace d'une minute ou deux on peut passer de 20 mètres à deux, trois mètres et cela en permanence mais là….il ne restait qu'un seul petit mètre et le bateau s'est arrêter net, nous avancions à un peu plus de 5 nœuds, grosse frayeur ;le premier réflexe a été de soulever les planchers et de vérifier qu'il n'y avait pas d'entrée d'eau ainsi que la fixation de la quille ; rien à signaler, nous faisons alors marche arrière doucement afin de nous dégager du corail, on jette l'ancre ; masques , palmes et tubas sont sortis pour aller inspecter les œuvres vives.

Plus de peur que de mal, une simple égratignure sur la quille , aucune amorce de fissure au niveau du joint quille-coque ; la bonne étoile de Vagualame continue de veiller sur lui…Du coup, nous en profitons pour explorer ces fonds superbes.

Après plusieurs mouillages dans des îles derrière la barrière nous filons sur Glover Reef, un atoll corallien situé à une quinzaine de milles au large, nous longeons le corail pour trouver la passe située au sud, elle n'est bien sur pas balisée mais comme d'habitude la couleur de l'eau permet de nous diriger sans trop de stress ; il est absolument indispensable, par contre, d'avoir le soleil dans le dos . Un mouillage " carte postale " dans deux mètres d'eau turquoise, si le paradis existe il devrait ressembler à cela, d'autant plus que nous sommes seuls...

Quelques jours de pur bonheur à la découverte de fonds marins incroyablement beaux, de chasse sous-marine comme nous en avons rarement fait (langoustes, araignées, raies, mérous, capitaines etc…) et de quelques plongées en bouteille avec de belles émotions comme le jour où Maxime, Julien et Edurne en plongée à une dizaine de mètres de profondeur se retrouvent nez à nez avec un beau requin certes de la race des dormeurs donc logiquement peu agressif mais tout de même franchement impressionnant.

Les vacances de Julien et d' Edurne prennent fin, ils nous faut rentrer sur le Guatemala, un avion les attend pour les ramener en Europe. Quelques jours d'escale clandestine( pour éviter les formalités coûteuses et compliquées) et nous repartons pour le Bélize et son ancienne capitale Bélize city, à l'échelle du pays qui ne compte qu'environ 200 000 habitants à 90% noirs, sur un territoire légèrement plus petit que la Sardaigne, donc plutôt un très gros village, mais pas de vrai mouillage ; dès que l'alizé se lève, la mer se creuse immédiatement et il n'est pas rare de voir un clapot de près d'un mètre. Le dernier jour, malgré les 40 mètres de chaîne sur des fonds de 2 à 3 mètres, Vagualame va déraper et s'arrêter juste avant la côte, il ne reste que 30 centimètres d'eau sous la quille…. Glup ! ! ! On commence vraiment à y croire à cette histoire de bonne étoile.

Retour sur le rio Dulce après deux nouvelles semaines à musarder d'île en île ; pendant ces quatre semaines nous n'aurons rencontré qu'un seul voilier au mouillage, nous sommes bien loin des mouillages surchargés des Antilles !

Les semaines défilent doucement, Maxime ira pendant une dizaines de jours dans une école sur le rio, pendant que Claude travaillera bénévolement dans une O.N.G. comme infirmière bien sur. Nous serons aussi invités à une cérémonie Maya, 4 heures de marche pour nous rendre dans une " aldea " (petit village isolé dans la montagne).

Beaucoup de monde partout, descendu de tous les villages et maisons aux alentours, sous tous les abris il y a un enchevêtrement incroyable de hamacs, les gens sont les uns sur les autres ; on se demande où l'on va pouvoir accrocher les nôtres.

La cérémonie commence dés la tombée de la nuit par une messe catholique mais avec un parterre d'offrandes juste devant l'autel, puis doucement les indiens quittent l'église improvisée pour se rendre dans un champ voisin près d'un grand feu, sur lequel un prêtre jette de la poudre en chantant des incantations, ces incantations dont nous ne comprenons pas un seul mot car dit dans la langue Quetchi doivent favoriser les récoltes, fertiliser la terre, aider les hommes dans leur travail et s'assurer la bienveillance des dieux. Tout cela nous semble bien étrange et mystérieux, mais nous sentons les gens profondément imprégnés de ces rituels qui représentent un moment important de leur vie.

La cérémonie doit normalement se continuer plus tard dans la nuit vers deux ou trois heures du matin dans une grotte sacrée. Après un repas composé de pâte de maïs et de quelques haricots rouges nous rejoignons nos hamacs qui ont finalement trouvé refuge sous un petit abri un peu à l'écart du centre du village.

Nous réussirons à nous assoupir deux heures, on vient nous prévenir que si nous voulons assister à la dernière cérémonie dans la grotte, la procession quitte le village d'ici quelques minutes, il est 3 heures du matin, le temps de plier nos affaires et de rejoindre le centre du village, les indiens sont déjà partis ; la nuit est noire, les sentiers forts nombreux, nous n'avons pas trop envie de nous perdre à travers la forêt et la montagne, on décide alors de rentrer au bateau .

Nous sommes à la fin du mois d'octobre, la fin d'année approche doucement et avec elle la nostalgie des fêtes passées en famille ; voilà trois années que nous sommes loin et puis c'est le passage à l'an 2000… On se renseigne sur le prix des billets d'avion pour la France, plutôt élevé, on se décide quand même mais il nous faudra trouver du travail afin que notre séjour ne mette pas la caisse de bord complètement à plat.


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