Notre remontée vers St Pierre et Miquelon débute. |
Décembre…Janvier… Février, trois mois passés entre Paris, les Alpes, le Lot et Barcelone, et le travail bien sur ,le temps passe trop vite et nous manque pour faire un petit tour à La Rochelle et puis nous voilà dans l'avion pour Guatemala Ciudad avec Maxime, Claude nous rejoindra dans une quinzaine. Trois semaines pour remettre un peu d'ordre sur Vagualame et lui refaire une belle peinture sous-marine. Claude de retour, l'équipage est de nouveau au complet, il est temps pour nous de quitter le Guatemala ; notre remontée vers St Pierre et Miquelon débute. Nous sommes le 24 mars 2000, deux nouvelles semaines au Bélize, que nous avons bien du mal à quitter ; le temps d'obtenir aussi nos visas d'entrée aux Etats-Unis à Belize city et nous voilà en mer pour le Mexique ; nous arrivons devant le petit village de Xcalak ; une passe étroite, peu profonde, on avance avec prudence, le soleil est derrière nous, on repère l'alignement sur les deux feux et on passe entre les pâtés de coraux ; c'est toujours un peu stressant ces arrivées, mais quelle beauté. La marine Mexicaine vient nous voir, la routine comme ils disent. Nous devons nous rendre à la capitainerie puis à l'immigration pour terminer nos papiers d'entrée dans le pays ; Xcalak est l'archétype du village mexicain, écrasé par le soleil, personne dans les rues, on s'attend à voir au détour d'une maison un homme allongé par terre avec un sombrero sur le nez. Le lendemain au lever du jour nous quittons notre mouillage, 43 milles nous sépare du " Banco de Chinchorro " un atoll situé un peu au large. Mouillage à l'intérieur du lagon derrière un îlot, dernière plongée, dernière chasse peut-être, dernière langouste…. |
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Notre remontée continue, la Baie d'Espiritu Santo, la
baie de l'Ascension, Tulum le seul site Maya construit au bord de la mer
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Le vent n'est pas bien fort mais un courant nous aide à progresser jusqu'à l'île de Cozumel, escale à éviter car les autorités de l'île font payer aux bateaux de passage un droit en dollars des plus élevé, un voilier américain nous prévient car lui s'est fait piéger d'environ 110 dollars ; une île très touristique, haut centre de la plongée internationale, ceci explique cela sans doute et le touriste est considéré comme un porte monnaie ambulant. Une simple nuit et au petit jour nous prenons le cap de l' isla Mujeres, une petite île située en face la grande ville touristique de Cancun ; il y a à peine quelques dizaines d'années ce n'était qu'un simple village de pêcheurs, actuellement plus d'une vingtaine de kilomètres d'hôtels les uns à coté des autres longe une immense plage de sable blanc, une ville qui vie exclusivement du tourisme, créée pour désengorger un autre haut lieu du tourisme mexicain, Acapulco. C'est pourquoi nous préférons le mouillage de isla Mujeres aux inabordables marinas de Cancun. |
Quelques jours d'escale, le temps de nous rendre, avec
une magnifique coccinelle rouge louée pour l'occasion à Cancun, sur l'un
des plus beaux sites Mayas de la province du Yucatan, Chichen Itza et
puis dans la jolie ville de Valladolid qui nous permet d'appréhender la
vie quotidienne des mexicains loin des paillettes de Cancun. Cette escale
nous aura permis de faire les pleins de gas-oil, d'eau et de remplir la
cambuse en prévision de notre séjour à Cuba.
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La météo annonce des vents de Est à Sud-Est, pas vraiment
l'idéal pour traverser le canal du Yucatan, soit 120 milles jusqu'à la
petite ville de Maria la Gorda située sur la côte Sud de Cuba .
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Eole nous lâchera très rapidement et le moteur sera mis en route pour éviter de nous retrouver sur les côtes de la Floride, car le courant par ici est très puissant, à tel point qu'à un moment il y aura une différence de pratiquement 45° entre notre cap compas et le cap indiqué sur notre GPS. Vers 4 heures du matin Claude me réveille, un cargo se trouve à ½ mille , il est apparu sur l'écran du radar tout d'un coup, impossible de déterminer, à la vue des feux de route, où se trouve l'avant et l'arrière, on se détourne par sécurité et voilà l'engin non identifié qui part de façon très rapide vers le nord… bizarre. Après discussion le lendemain, Maxime propose un sous-marin, et vu la proximité de la base navale américaine sur l'île de Cuba, cette explication parait tout fait plausible. Nous arrivons sur Cuba en fin de matinée, la capitainerie nous contacte par radio, les autorités doivent venir dans l'après-midi, interdiction de mettre les pieds à terre en attendant. 19h30 un bateau de pêche se met à couple, une femme médecin monte à bord, elle vérifie l'état sanitaire de Vagualame puis demande à deux autres personnes de monter ; premiers formulaires remplis, premiers dollars qui s'envolent, rendez-vous est pris pour le lendemain où la douane, l'immigration, l'agriculture et le service vétérinaire pour notre chat doivent nous rendre visite, il nous est toujours absolument interdit de descendre à terre. Nous attendrons jusqu'en milieu d'après midi, notre chat se fait ausculter 15 secondes, nos fruits et légumes sont regardés à la loupe au vrai sens du terme, nos œufs ne leur plaisent pas, il sont mis sous scellés pour être récupérés à notre départ ou bien incinérés. Petit problème, le douanier n'est pas là, impossible donc de nous faire notre visa d'entrée et notre permis de navigation, nous sommes toujours consignés à bord, il devrait être là en fin de journée. Vers 20h la capitainerie nous appelle, nous pouvons venir chercher nos visas d'entrée mais comme le douanier n'est toujours pas là, nous ne pouvons évidemment pas partir demain matin. Une nouvelle journée d'attente et en fin d'après-midi le capitaine du port nous demande de venir chercher le douanier car ils n'ont pas d'embarcation. Il aura donc fallu trois jours et quelques 120 dollars distribués aux différents services pour avoir le droit de naviguer autour de Cuba en donnant son itinéraire bien entendu, liberté surveillée mais tout cela avec le sourire heureusement. Le lendemain à la première heure nous levons l'ancre pour Cayo La Leña, 35 milles plus loin ; bien à l'abri des alizés, l'ancre est jetée devant quelques cabanes de pêcheurs ; l'un d'eux vient nous voir et nous offre deux magnifiques poissons ( des capitaines) en échange nous lui donnons une bouteille de rhum, quelques vêtements et des savonnettes, car les produits de première nécessité sont rationnés. Prochaine escale Los Arroyos, premier vrai village de pêcheurs ; les autorités viennent vérifier nos papiers, nous devrons les revoir demain avant notre départ pour Puerto Espéranza. Balade dans le village, une grande rue principale très large, pratiquement aucune voiture, quelques motos soviétiques d'un autre âge, les maisons sont toutes les mêmes, alignées au cordeau, très bien entretenues malgré le peu de moyen évident des habitants. Nous sommes invités à boire le rhum devant une maison, un véritable tord boyaux, mais comment refuser à des gens aussi gentils et accueillants. |
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Etape suivante Puerto Espéranza ; une navigation un
peu dure nous attend, l'alizé est plutôt musclé, plus de 25 nœuds en plein
dans le nez, une mer très creuse nous cueille dès notre sortie de la barrière
de corail ; il faudrait pouvoir revenir derrière cette barrière après
le passage du cap mais nous n'avons pas de carte, seulement un guide et
avec ce vent et les déferlantes, impossible de repérer les passes, il
nous faut donc continuer jusqu'à Puerto Espéranza par l'extérieur et se
faire brasser encore quelques heures.
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Arrivée de toute beauté, une fois la passe franchi, l'eau devient turquoise, cristalline ; bien que le sondeur indique 4 à 5 mètres l'impression d'être suspendu au dessus du vide est incroyable. Mouillage devant le poste de garde, visite à bord des autorités, on commence à en avoir l'habitude. Dès notre sortie du périmètre gardé par les militaires, nous sommes abordés par une femme qui nous fait l'article sur le restaurant tenu par sa mère " la Casa Dora "nous la suivons. Nous sommes accueillis par Dora, nous faisons connaissance avec sa famille et nous avons l'impression d'en faire déjà partie. Déjeuner autour de poissons frits, de bananes frites et d'une salade de tomates, absolument délicieux, et puis une discussion s'engage sur la vie à Cuba, sur le manque de liberté, le manque de tout en général d'ailleurs, les échanges sont très intéressants, riches malgré les quelques imperfections de notre espagnol . Nous avons en face de nous des gens fiers, démunis mais si chaleureux.Nous sommes invités demain à manger le " pollo del mar " le poulet de la mer, en clair de la langouste,mais c'est interdit car toutes les langoustes doivent partir à l'export. Nous déjeunerons dans un petit coin de la cuisine à l'abri des regards indiscrets dégustant notre " poulet ". Le départ est prévu pour demain, nous distribuons des vêtements, du matériel de pêche, des stylos à bille enfin tout ce qui peut les aider dans leur vie quotidienne. Dernière étape de notre périple cubain, La Havane, 70 milles dans du petit temps et une arrivée au petit matin. Une seule marina, la marina Hemmingway, chère, incontournable, mais c'est le prix à payer si on veut voir la capitale cubaine. |
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Trois jours de visite dans une ville magnifique | ![]() |
Des voitures américaines des années 50, de superbes demeures malheureusement souvent dans un état de délabrement avancé, et puis les fabriques de cigares …, on visitera la fabrique " Partagas " étonnante visite d'une autre époque. Tout est fait à la main par des dizaines d'ouvrières et ouvriers . Les prix officiels sont inabordables pour notre porte-monnaie, mais dès notre sortie nous sommes sollicités pour en acheter sous le manteau. On se laissera tenter, en pensant à des proches et aussi à une revente éventuelle ; les prix n'ont bien sur rien à voir avec ceux de la fabrique, les personnes qui y travaillent arrondissent ainsi leur fin de mois, mais qui pourrait les blâmer quand on voit le niveau des salaires cubains et que tout se paye de plus en plus en dollar américain, véritable deuxième monnaie du pays si ce n'est pas devenue la première officieusement. Deux semaines sur cette grande île c'est insuffisant mais cela nous a donné une belle envie d'y revenir un peu plus longuement plus tard. |